Tranche de vie

Le matin où je n’ai pas allumé ma cigarette

Oui, il m’arrive parfois de fumer. C’est une sale habitude que je garde uniquement pour le plaisir : boire un café en terrasse en grillant un p’tit clop, j’aime bien. Ou lors d’une soirée entre amis. Un apéro dans le jardin. Parfois avec des collègues de coworking.

Bref, de temps en temps et certainement pas tout le temps.

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Il est très rare que cela me prenne le matin. Je pourrai compter sur les doigts d’une main les fois où cela s’est produit dans ma vie. Pourtant cette fois-ci, j’en ai eu envie. Non pas l’envie. J’en ai ressenti le besoin.

Etrangeté du rarissime.

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J’étais dans ma voiture. Je me rendais à l’espace coworking (je commence ma troisième semaine sans connexion internet à la maison).

Travaux sur la 4 voies, ok je le sais, cela dure depuis des mois. On nous prépare une belle route toute neuve, une extension de la portion existante, c’est une bonne chose.

Sauf que… arrêt quasi total. Une tortue me doublerait.

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10 minutes, je chantonne.

30 minutes, je commence à travailler « dans ma tête ».

45 minutes, je prends des notes.

60 minutes, je commence à me sentir agacée, mais je tiens bon par l’humour « A Disneyland, on sait combien de temps dure la file d’attente ».

75 minutes… Montée de stress et nécessité de décharger cela immédiatement. Mes cigarettes sont dans la boîte à gants. Tiens, et si…

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Par chance, une sortie vers la campagne se tient à quelques mètres sur ma droite. Je décide de prendre cette route et d’aller me perdre un moment dans ce no man’s land.

Arrivée au milieu de nulle part, je me gare, je descends de voiture. Il pleut doucement. Ça fait du bien.

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Je marche un peu, quelques pas sur une route non goudronnée entre deux champs. Je me place debout les pieds bien ancrés dans le sol. Stable. Je sens l’humidité de la terre remonter sous la semelle de mes chaussures. Je capte l’énergie qui remonte en moi et nourris chaque cellule de mon corps. Je m’enracine. Profondément.

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Je ferme les yeux. Je me concentre sur ma respiration. Inspire, expire. J’écoute, j’entends et je ressens mon souffle. Je ralentis aussi calmement que je le peux. Inspire, expire. Puis je n’y pense plus. Je le vis.

Ma perception du monde s’est accrue. La douceur de l’air sur ma peau, l’impact des gouttes de pluie sur ma capuche, les variations de lumière qui filtrent au travers de mes paupières.

J’entends avec une infinie précision chaque bruit de la nature : un chien de ferme aboie au loin, le vent léger dans les branchage fait chanter les feuilles, les sifflements des oiseaux m’offrent un merveilleux concert.

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Je me sens bien. Relâchée. Quelques minutes de méditation en pleine nature ont suffi à m’apaiser.

Je retourne à ma voiture, j’allume le contact et je reprends ma route.

 

NL

2 réflexions au sujet de “Le matin où je n’ai pas allumé ma cigarette”

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